Bienvenue à toi, fidèle lecteur !

J'entends déjà tes petites babines se retrousser et laisser échapper un soupir aisément assimilable à un râle de désespoir. Oui, je me lance dans la rédaction d'un nouvel espace virtuel. Oh, je pense que l'on peut sans problème me qualifier d'obsédé textuel et c'est donc tout naturel que mes écrits aient besoin de nouveaux url pour mieux se répandre, mon enfant.

Tu me connais sans doute sous le pseudonyme de San-Antonio03 dont le premier blog (www.san-antonio03.skyblog.com) a été déclaré source de jeunesse par votre corps 3 années de suite !

Mais l'heure n'est pas à l'auto-blowjobbing, si tu me permets le néologisme car nous sommes tous ici réunis pour célébrer l'ouverture d'exercices-2-style, blog qui se présentera avant tout comme un recueil de textes rédigés « à la manière de Raymond Queneau », illustre auteur né au Havre le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976.

Vous trouverez donc dans ce blog une grande majorité de textes reprenant l'un de ses plus célèbres ouvrages « Exercices de style » (1947).

N'hésitez pas à émettre des commentaires constructifs.

Exit donc les « + 5 », les « lol, té tro drol toi mdrr » et les « lache 3 commz sur mon blog é jten rendré 13 000, xptdrrr ».

Je vous souhaite donc à tous une excellente visite mes doux agnelets,

Bien cordialement,

San-Antonio03

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Autres sites du même auteur :

Une nouvelle plus explosive qu'un baril de poudre, plus haletante qu'un bouvier bernois en plein été et plus hilarante que le gaz du même nom :


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Le récit d'un magnifique voyage au Sénégal :


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Le récapitulatif de ma jeune carrière de jeune comédien :

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Le fourre-tout par excellence, ce pavé virtuel actualisé de manière frénétique vous permettra de mieux appréhender la douce folie qui baigne mes synapses, été comme hiver :

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 10:26

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 17:03

Origines

Exercices de style est l'un des ouvrages les plus célèbres de l'écrivain français Raymond Queneau. Paru en 1947, ce livre singulier raconte 99 fois la même histoire, de 99 façons différentes.

Le point de départ de Queneau :

L'histoire elle-même tient en quelques mots. Le narrateur rencontre dans un bus un jeune homme au long cou, coiffé d'un chapeau orné d'une tresse tenant lieu de ruban. Ce jeune homme échange quelques mots assez vifs avec un autre voyageur, puis va s'asseoir à une place devenue libre. Un peu plus tard, le narrateur revoit ce jeune homme qui est alors en train de discuter avec un ami. Celui-ci lui conseille de faire remonter le bouton supérieur de son pardessus.

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Mon point de départ :

Notations.

Une famille à un feu rouge, à une heure d'affluence. Un clignotement signale aux cars qu'ils peuvent traverser le carrefour. L'homme, au volant de la voiture familiale et chauffeur de bus depuis des années enfonce l'accélérateur, par réflexe. Sa femme, engoncée dans une robe trop étroite souligne avec véhémence à son mari ce manquement au code de la route. Justement, c'est présentement à ce moment-là qu'un bus de la ligne S décide à son tour de s'engager. Coup de klaxon, doigt d'honneur à la fenêtre, le chauffeur est tout colère. Il les double, avise son collègue de travail confus au volant. Lui adresse ses excuses et file dans un grand nuage de fumée.

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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 10:32

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 17:04

Styles employés : En partie double redondante - Surprises - Hésitations

En partie double redondante.

Vers la fin de journée et à 17 heures, une famille et dynastie endure la patience à un feu rouge de signalisation qui les oblige à s'arrêter. Un signal lumineux et clignotant porte à la connaissance des chauffeurs de bus et de cars qu'une traversée est envisageable et possible. L'homme et hominien, aux commandes et au volant de la voiture familiale, chauffeur ès transports collectifs et communs depuis des années et des douzaines de mois enfonce la pédale d'accélération et de prise de vitesse. Sa compagne et épouse, harnachée et saucissonnée dans un vêtement étréci et rétréci qui lui tient lieu d'habit s'insurge et objecte. Un bus de la ligne 19ème lettre de l'alphabet et S pénètre et traverse le carrefour et embranchement à son tour. Klaxon et avertisseur au menu et programme. Il n'est ni satisfait, ni content. Il les double et dépasse, constate et reconnait son collègue et confrère. S'excuse et se fait pardonner pour enfin s'éloigner et disparaître dans un nuage de fumée et de monoxyde de carbone.

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Surprises.

Il y avait un monde sur la route ! Ça ne s'arrêtait plus ! Voilà t'il pas qu'un père de famille grille la priorité à un bus ! – Va te faire emplumer – que lui envoie le chauffeur dans son bon droit ! Une boule de nerfs qu'il était devenu ! Il les double, oui oui, il les double ! Oh, mazette ! C'est un collègue ! - Mille excuses ! – qu'il ajoute surpris juste avant de disparaître ! Tout bonnement ! D'un coup, d'un seul ! Vous m'avez bien entendu !

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Hésitations.

Je ne sais pas trop bien quelle heure il était... probablement midi, seize heures ou minuit ? Se trouvait là... mais qu'est-ce qui pouvait bien se trouver là ? Des anchoix, des sangles, des pilules ? Des primates ? Oui, mais avec des milliers d'années d'avance, et rasés. Je ne crois pas trop me tromper en disant cela. Le feu passe au vert ? A l'orange peut-être, cela n'a pas d'importance. Il s'avance, oui c'est cela. Il s'avance. A moins que le feu recule. Toujours est-il qu'il traverse le carrefour. Peut-être pas entièrement. Non, enfin, une bonne partie probablement. Un autre s'amène, dans un bus rouge à moins qu'il ne soit vert ? Le chauffeur voit vert ! Sort sa main droite à la fenêtre... attendez, c'était peut-être sa main gauche tout bien considéré. Le bus accélère prend de la vitesse, de la vitesse, de la vitesse et reconnait le chauffeur. Ou l'inverse. Mais l'un des deux s'excuse pendant que l'autre s'éloigne, et vice et versa si mes souvenirs ne me trompent pas.
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 10:36

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 11:24

Styles employés : Précision - Argotique - Journalistique

Précisions.

Au carrefour de la rue de Pessac et du Cours Aristide Briand, à 17 heures 20 et 28 secondes, un père de 3 enfants (Lucas, Marie, Cécile) âgé de 47 ans, 3 mois et 4 jours grille la priorité (du haut de son mètre 71 et lourd de ses 84 kilos) à un autobus long de 10 mètres, large de 2 mètres 10, haut de 3, alors qu'il était chargé de 42 personnes. (26 femmes, 14 hommes, 1 adolescente et 1 nourrisson) et cela malgré la remarque de son épouse (depuis le 26 août 1983, Mairie d'Andernos, 10 rue de La Mairie, Andernos les Bains, Gironde 33510). Le conducteur, 36 ans, 1 mètre 77 et]68 kilos (féru de natation et de littérature érotique) enfonce le klaxon de l'appareil durant 1 seconde passée de 72 centièmes. A 69 kilomètres / heure, il dépasse la 307 (de Peugeot © immatriculée dans le département de la Gironde - 33) avoisine le conducteur qu'il reconnait. 13 secondes plus tard, dans 76 centimètres cube de fumée, l'autocar disparait.

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Argotique.

17 plombes du soir. Un mecton drive sa régulière et sa bande de chiards dans une guinde françouaise. Feu rouge. Ça clignote pour les boîtes de sardines à roulettes. Le gus s'en tamponne le coquillard et s'pointe au beau milieu du carrefour. L'chauffeur écrase son klaxon et lui virgule virtuellement un doigt de cour dans l'oeil de bronze, lui englue les cages à miel à coups d'jurons. « Sent l'urêtre ! » « Bitoune d'eunuque ! » qu'il brâme. Rien à secouer, il le double... jusqu'à r'connaître un camarade de lichetrogne. « Mes excuses mon pote ! » qu'il gueule avant de se carapater dans un pet de suif.

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Journalistique.

Il est 17 heures lorsque Monsieur Brochet accompagné de sa famille décide de se rendre au supermarché situé en centre ville. Au croisement de la rue de Pessac et du Cours Aristide Briand, celui-ci, probablement distrait par le chahut provoqué par ses enfants s'est engagé alors que le feu clignotait à l'attention des chauffeurs d'autobus. Notons que depuis l'élection de Monsieur Juppé en 2002, de nombreuses lignes de bus ont été réaménagées le long de cette artère fémorale bordelaise. Monsieur Andallou, chauffeur sur la ligne S ce 10 juillet raconte : « Quand je l'ai vu s'engager, j'ai tout de suite pensé à de la provocation. Vous savez à cette heure-là, les gens roulent un peu comme ils veulent. Alors, j'ai voulu lui faire la leçon. » Une fois doublé, M. Andallou s'aperçoit que le plaisantin n'est autre que son collègue de travail Monsieur Brochet. Un échange d'excuses plus tard, les deux protagonistes s'éloignent. L'histoire pourrait s'arrêter là. Cependant, une jeune mère présente à bord de l'autobus s'est indignée de la conduite de M. Andallou qu'elle a jugé irresponsable et dangereuse. L'affaire est alors remontée aux oreilles de la société responsable du réseau des transports en commun bordelais qui a convoqué M. Andallou à un entretien préalable au licenciement qui aura lieu lundi prochain à 7 heures 30.
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 10:42

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 11:11

Styles employés : Distinguo - Lettre officielle - Allitération

Distinguo.

A l'intersection de deux rues adjacentes (qu'il ne faut pas prendre pour des rues agaçantes), un paternel en activité (et non un pâté éternel en agressivité) grilla un feu (mais ne frit pas un gueux). Un autobus (sans pour autant être un hôte aux puces) se mettait justement en branle (et non mettait en branle juteusement). Au volant, le chauffeur donna de la voix (et non de l'avoine) et présenta son majeur au chauffard (et non ma s½ur à son phare). Il se mit alors en tête de doubler le forcené (et non d'adouber le porc sonné). Une ½illade par la fenêtre (qu'il ne faut pas confondre avec une naïade qu'on fait naître) l'informe qu'il s'agit d'un collègue (et non d'un col qu'on lègue). Mea culpa (et non urinaire). Il s'éloigne (non qu'il ne sache où se trouve l'oigne) dans un nuage de fumée.

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Lettre officielle.

J'ai l'honneur de vous trouver par la présente afin de vous communiquer de la manière la plus objective possible la scène à laquelle il m'a été donné d'assister dans l'après-midi, aux environs de 17 heures. Passager de l'autocar de la ligne S, en direction de la « Gare Saint Jean », je tentai non sans mal de concentrer mon attention sur l'une des histoires contenues dans l'exquis ouvrage de Raymond Queneau sus-nommé « Exercices de Style » et cela malgré le fait que les pleurs d'un enfançon livraient bataille à mes tympans de manière frénétique. C'est alors que mon attention fût attirée par les cris véhéments du chauffeur en charge de nous transporter. Permettez moi d'ellipser ces propos à la vulgarité affligeante qui n'apporteraient rien à ce présent courrier et d'en venir directement aux faits. De la lucarne crasseuse de l'autobus, j'entraperçois un homme, dont le visage semble tout congestionné, tout autant que je puisse en juger au vue de la distance qui me séparait alors de la scène. Quelques secondes plus tard, après que j'eu perçu un échange de phrases entre les protagonistes précédemment cités, je me décidais à rejoindre le chauffeur à l'avant du véhicule afin d'y enquérir un nombre plus conséquents d'informations. Il m'apprit qu'il s'agissait en fait de l'un de ses collègues et qu'il n'y avait pas mort d'homme, ce qui ne semblait pas de l'avis de tout le monde.

Je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les meilleurs,

Bien cordialement,

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Allitération.

Le soir s'annonce sans s'en donner l'air. La signalisation somme les six cylindrées de s'avancer quand soudain, s'en crier station de stockage d'omnibus express, un sot s'immisce, s'engouffre, sème la zizanie au sein de la circulation. « Salaud ! » s'indigne le domestique motorisé de la ligne S d'un ton cinglant. « De toutes façons, ce sont tous des saucissons quand arrive six heures ! » Sa pince se tend, son solide majeur dressé au bout de celle-ci. « Si, si ! Je vous assure... » Bien décidé à assurer sa suprématie, ce siphonné enfonce le fongus. Avise son comparse, lance une excuse et se trisse dans un cirrus de pollution aussi sale que sa propre tignasse.
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# Posté le vendredi 11 juillet 2008 10:46

Modifié le vendredi 11 juillet 2008 11:11